Son goût pour l'observation
de ce qui se passe autour d'elle, pour les sentiments
qui s'y expriment ou s'y refoulent, Yvette Vratmiras
l'a utilisé pour gagner en maturité
sur le plan artistique et s'affranchir
véritablement de ses schémas de
base. Certes, la méthode est restée
la même : le fond et la couleur demeurent
l'assise de son travail. Mais le sujet est plus
profond et traduit une émotion plus personnelle.
Ses uvres mettent en scène des personnages
dont on devine le visage, la silhouette, une attitude.
Grâce à eux, elles ont une vie propre.
Dans l'existence de l'artiste et dans sa conception
de l'art, ces personnages ont d'ailleurs pris
une importance capitale ; sans eux, il manque
quelque chose à son travail.
Gouache (sans
titre)
À travers eux, Yvette Vratmiras propose
des univers à chaque fois différents,
mais toujours sensibles ; des images qui révèlent
l'instantané de divers moments du quotidien.
Sa fascination des personnages leur magie
aussi permet de traduire des fragments
de vie, tantôt anodins, tantôt crus.
Ainsi, elle suscite, voire provoque, l'imagination
de celui qui regarde ses uvres : elle l'oblige
à élaborer une histoire, à
ébaucher un scénario, à définir
le lieu de l'action, à prêter des
sentiments. Le spectateur peut ainsi détourner
l'image et se l'approprier.
Yvette Vratmiras expose régulièrement
à Genève, où elle vit et
travaille. Pour elle, l'exposition n'est pas une
finalité. Très attirée par
l'illustration et l'affiche, elle cherche à
se dépasser et à donner une dimension
toujours renouvelée à son approche
de l'art pictural. Illustrer Rimbaud est, en ce
sens, un défi de taille qu'elle est prête
à relever.
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